Notre recherche-création s’appuie sur le modèle MGAM (Marionnette – Golem – Acteur – Masque), une manière d’explorer les différentes formes que peuvent prendre les doubles numériques. Ce modèle décrit quatre régimes : la marionnette, qui obéit à des gestes extérieurs ; le golem, animé par ses propres algorithmes ; l’acteur, où un corps humain s’incarne dans une figure virtuelle ; et le masque, surface d’expression et de projection identitaire. Nous travaillons ensemble à faire dialoguer ces quatre pôles, en cherchant ce qu’ils révèlent de nos rapports aux images et aux technologies.
Dans notre pratique, il ne s’agit pas seulement de construire des outils techniques, mais de créer des situations esthétiques où une entité numérique devient un partenaire de perception, de mémoire et d’imaginaire. C’est une manière de mettre en jeu la capture de mouvement, l’intelligence artificielle, la génération algorithmique ou la réalité virtuelle pour éprouver ce que signifie « habiter » une autre forme de présence. Le MGAM nous sert à relier ces expériences à une réflexion plus large sur l’identité et l’altérité.
C’est dans ce cadre qu’a émergé la Kellynoïde. Ce double numérique, né du corps et de l’image de Kelly, est à la fois portrait, marionnette, actrice et parfois créature autonome. Ensemble, nous l’avons fait circuler entre expositions, performances et environnements virtuels, comme une figure mouvante qui incarne le passage entre les pôles du modèle MGAM. La Kellynoïde devient ainsi pour nous un terrain de jeu et de recherche partagé : une entité hybride qui brouille les frontières entre le vivant et le numérique, l’intime et le public, l’humain et l’artificiel.
